Projet de recherche du Collectif NRS: « A la recherche des centres de données Québécois »
À l’échelle mondiale, la demande énergétique des centres de données explose sous l’impulsion de trois dynamiques majeures : les usages traditionnels, le minage de cryptomonnaies et, plus récemment, le déploiement massif de l’intelligence artificielle générative.
Le Québec, grâce à son électricité décarbonée et à des tarifs historiquement avantageux, exerce une forte attraction sur les opérateurs mondiaux. Pourtant, l’écosystème québécois souffre d’un manque de données ouvertes et consolidées sur la dynamique de la consommation énergétique réelle de ces infrastructures.
La Commission de l’éthique en science et en technologie (CEST) dans son avis “Regard éthique sur les effets environnementaux des technologies numériques au Québec : l’impératif de la sobriété numérique” publié en 2024 pointe le manque de données adaptées au contexte local, les qualifiant de “parcellaires et difficilement accessibles”. Selon les experts, “une grande quantité d’informations pertinentes est manquante pour évaluer cet impact […] des technologies numériques”. La CEST suggère “considérant le manque de recherches approfondies sur les effets environnementaux des technologies numériques et les besoins criants en la matière”parmi les recherches pertinentes d’étudier “les effets des centres de données sur l’environnement, incluant ceux sur l’aménagement du territoire”.
Face aux risques de conflits d’usage sur l’électricité et aux projections de demande d’Hydro-Québec, il est urgent de documenter objectivement cette réalité. Ce projet citoyen vise à éclairer le débat public en offrant une transparence inédite sur l’empreinte physique et énergétique des centres de données dans la province.
En réponse à ce besoin, le Collectif NRS lance un projet de recherche citoyen dans une logique de science ouverte.
L’ambition est de produire un inventaire des infrastructures de calcul installés sur le territoire québécois, d´en estimer les besoins en énergie, et d’anticiper les potentiels risques de tension sur l’usage de l’énergie dans les prochaines décennies.
Équipe Projet : Alexandre Theve, Clementine Thomas, Francois Burra, Nassima Mecheri, Nathalie Sanon, Vincent Guiberteau, William Voghel
Partenaire : Colab Numérique, Université Laval